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Mais pourquoi diable aime-t-il tant le foot ?

zen

Vous n’avez jamais compris. Ni le pourquoi, ni le comment, ni rien. Gustave aime le football et il l’aime d’amour, au point que vous soyez aujourd’hui obligée d’admettre que le ballon se trouve être l’autre grande histoire dans la vie de votre moitié. Terrible constat.

 

En consultant simplement les hommes autour de vous (votre père, le Pape, votre frère, le coursier du bureau qui a un percing par centimètre de peau…), vous apprendrez une première chose indispensable à la compréhension du phénomène. Un ballon, c’est cool. Pour vous, taper dedans, c’est mettre en danger des chaussures absolument parfaites jusque-là et qui n’avaient rien demandé, mais, pour un garçon, c’est bien plus que ça. Prenez Tom Hanks dans Seul au monde. Le type est perdu sur une île déserte, à des milliers de kilomètres de sa famille, sans même un briquet pour faire du feu la nuit et avec quoi passe-t-il le plus clair de son temps ? Avec un ballon. Pour qui pleure-t-il ? Pour sa femme si loin de lui ? Non. Pour les enfants qu’il n’aura jamais ? Non. Pour cette dent qu’il est obligé de s’arracher avec une lame de patin à glace ? Même pas. Il pleure pour son ballon perdu dans l’océan. Rien dans l’univers n’est aussi précieux que le ballon d’un garçon.

Taper dedans, c’est comme envoyer un morceau de soi au-dessus de la maison du voisin, en plein dans la fenêtre de la bagnole, sous les jupes de filles. Un ballon, c’est une extension de Gustave, une espèce de sonde spatiale sans peur et sans doute qui, au moyen d’un simple coup de pied, pourrait s’envoler partout où il craint d’aller. Un ballon, c’est un éclaireur. C’est rond, en cuir, simple et ça se moque de l’absurdité des choses. Bref, tant que les petits garçons du monde tapent dans des ballons, c’est que rien n’est tout à fait perdu.

 

Voilà, vous avez maintenant compris pourquoi Gustave aime jouer au foot. Mais cela n’explique en rien le fait de passer 90 minutes devant sa télé à regarder des types aux dégaines de stars de télé-réalité y jouer non ? Eh bien si. Parce que quand Gustave voit son équipe, il ne voit pas simplement onze personnes courir sur un terrain. Il voit onze fois le destin qui aurait dû être le sien. Oui, chaque Gustave, partout sur la Terre, pense sincèrement qu’il peut encore être footballeur. Que lors de son prochain 5 contre 5 avec ses potes, un recruteur passera par là et lui fera signer un contrat. S’il y croit, ce n’est pas pour l’argent. C’est tout simplement qu’il attend qu’une anomalie soit réparée. Imaginez donc. Dès l’école maternelle, les petites filles se projettent très facilement. Les petits garçons eux, jouent au foot dans la cour. C’est à ça qu’ils pensent, presque exclusivement, jusqu’à ce que les filles, justement, ne viennent prendre un peu de place dans leurs cerveaux. Chronologiquement, la première ambition d’un homme est donc bien souvent de finir numéro dix de l’équipe de France. Et si vous le croyez pas, faites donc un sondage autour de vous. Combien de mecs vous ont déjà raconté qu’ils auraient pu faire footballeur sans cette saleté de blessure au genou (en réalité appelée “fracture de l’égo” par les spécialistes) ? Combien sont, selon eux, passés juste à côté d’une carrière à la Zidane ? Chaque Gustave ou presque, exerce une profession qui, dans le meilleur des cas, est son second choix.

 

C’est en général entre ses 26 et 30 ans, âge devenu supérieur à celui de 90% des types sur le terrain, qu’il va enfin devoir s’avouer à lui-même que non, il ne sera jamais footballeur. Écrasés par cette triste conclusion, certains lâchent définitivement la chose et ne regarderont plus un seul match de leur vie. Mais pour la plupart, les 90 minutes hebdomadaires (quand ce n’est pas plus) deviendront un rappel, une madeleine de Proust. Une sorte de pèlerinage sur canapé vers les rêves de l’enfance qu’ils espèrent retrouver, un peu, lorsqu’à leur tour, ils feront des passes à leur petit garçon dans le parc en bas de la maison. Voilà pourquoi Gustave aime tant le foot. Pas parce que c’est un sport. Parce que c’est un souvenir.

 

Rosalie.

 

PS : marche aussi avec le tennis, basket etc…

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